|

Dans le sud toulousain, deux jeunes frères volent un scooter puis tentent plusieurs casses

Le 17 juin dernier, au sud de Toulouse, deux frères dont l’un est mineur volent un scooter et font plusieurs casses dans la même journée sans grande réussite. Identifié par la police, le frère majeur en récidive s’en sort avec une peine sous bracelet électronique.

Homme se préparant à voler une moto (Image de Freepik, Illustration)

Les visages dissimulés par un t-shirt, deux jeunes frères, Jean, dix-huit ans et Pierre, mineur (les prénoms ont été modifiés), volent un scooter au petit matin du 17 juin à Castanet-Tolosan, puis s’engagent dans une cavalcade de casses ratés. A Ramonville d’abord, ils tentent de fracturer au pied de biche une laverie automatique fermée, mais quittent les lieux lorsque l’alarme se déclenche. Dans une seconde laverie, ils essayent de s’emparer du monnayeur, une nouvelle fois sans succès. Ils vont alors s’attaquer au cinéma de la ville en fracturant la porte de derrière mais une fois à l’intérieur, ils sont mis en fuite par une employée. Ils se dirigent alors vers Labège. Circulant le visage dissimulé et sans casque, une voiture de police tente de les interpeller au niveau du magasin Intersport, mais ils prennent la fuite par des chemins piétons. Finalement, leur dernier casse est à la maison de la forêt à Auzeville-Tolosane où ils arrivent à s’emparer de deux tablettes et d’un téléphone. Un maigre butin.

UN INNOCENT EN GARDE A VUE

Malgré la dissimulation de leurs visages lors de leur chevauchée, les gendarmes vont parvenir à identifier Jean grâce à différents angles des nombreuses caméras de surveillance de la voirie et des lieux où ils ont pénétré. Lors de sa garde à vue commencée le 11 juillet, il nomme quelqu’un d’autre comme étant son complice. Le malheureux clame son innocence et est à deux doigts d’être déféré devant le juge au bout de 48 heures. Mais au dernier moment, Jean se ravise et désigne son petit frère Pierre comme étant son réel complice.

Carte de Google Maps montrant les villes concernées (Illustration)

UN ROAD-MOVIE SANS CONSISTANCE

Pas passionné par l’école, Jean est déscolarisé depuis la troisième. Pourtant séduit par un contrat d’apprentissage en CAP boucherie l’année dernière, il est viré par son employeur parce qu’il ne va quasiment jamais en cours. Peu loquace à l’audience, Jean répond au juge d’une voix monocorde. Apathique, il n’a pourtant aucune addiction à l’alcool ou à la drogue qui pourrait justifier des vols et expliquer son état. Jean explique que « le but est de faire des sous avec son frère. » Soutenu par leur père présent à l’audience, Jean et Pierre ne sont pourtant pas dans le besoin matériel et financier. Alors pourquoi cette soudaine boulimie de délits ? Son avocat tente d’expliquer : « il n’est pas en prise avec la réalité, comme dans un jeu vidéo, comme s’il n’y avait pas de conséquencesC’est un road-movie comme s’ils voulaient se donner une consistance qu’ils n’ont pas. »

UN VERDICT CLEMENT

En récidive pour vol et recel commis lorsqu’il était mineur, le jeune homme risque la prison. Alors que le procureur demande la révocation du sursis, le jugement est indulgent : huit mois de prison aménagés sous bracelet électronique. Comme l’a plaidé son avocat qui veut le préserver de mauvaises rencontres à la maison d’arrêt, il évite l’incarcération. Mais le juge le prévient: « vous avez bientôt dix-neuf ans, vous avez raté la prison de très peu. La prochaine fois, vous y passerez. » Il a obligation de trouver un travail ou une formation et de suivre un psychologue, puis d’indemniser les parties civiles. De son côté, Pierre doit être jugé par le tribunal pour mineurs.

Publications similaires