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Sur les jantes pendant cinq kilomètres, il fuit les gendarmes à plus de 160 km/h sur l’autoroute A64

Sans permis, sous l’emprise de l’alcool et du cannabis, un jeune roule sur les jantes pendant cinq kilomètres à plus de 160 kilomètres à l’heure sur l’autoroute A64 pour fuir les gendarmes. Il termine sa course folle devant la prison de Seysses où il passera les six prochains mois.

Barrière de péage de Muret où a débuté la course-poursuite (Image : Google StreetView).

Depuis trois heures du matin ce dimanche 23 juillet, les gendarmes ont mis en place un dispositif de contrôle à la sortie de la barrière de péage de Muret sur l’autoroute A64 direction Tarbes. Peu après six heures, une voiture de marque Renault Clio franchit le péage mais ne s’arrête pas. Les gendarmes parviennent à déployer une herse qui lui crève les deux pneus du côté gauche. Peu impressionné, l’homme au volant accélère. Il est alors poursuivi par trois véhicules, gyrophares et sirènes hurlantes. Le véhicule penche à gauche, des étincelles s’échappent du bas de caisse. Malgré les pneus crevés, il roule jusqu’à 160 kilomètres par heure pour semer ses poursuivants. Un gendarme tente à deux reprises de le dépasser pour se positionner devant lui et le faire ralentir. Mais le Clio prend tous les risques. Il fait des embardées pour l’empêcher de doubler et manque de peu de les percuter. La troisième tentative est la bonne pour le gendarme qui se place devant lui pour le gêner. La voiture s’échappe alors par la première sortie d’autoroute.

Arrêté DEVANT LA PRISON

Dès la sortie, il prend la direction de Muret, mais se ravise rapidement. Il fait demi-tour en chevauchant le terre-plein central sur le pont autoroutier et se dirige vers Seysses sur la D12. Un kilomètre plus loin, il prend à contresens un rond-point et manque de percuter un véhicule qui l’évite de justesse. A la sortie du rond-point, il percute deux véhicules de gendarmerie qui s’étaient positionnés pour le bloquer. Le Clio finalement immobilisé, le conducteur tente de fuir à pied à travers champs mais est rattrapé 50 mètres plus loin tout près de la maison d’arrêt de Seysses.

Rond-point où la course-poursuite s’est arrêtée. Au fond à droite, la maison d’arrêt (Image : Google StreetView).

« CE N’EST PAS SI GRAVE »

Miraculeusement, les dégâts ne sont que matériels. « Si ça s’était passé un matin en semaine, ça aurait pu être pire » analyse le juge lors de l’audience ce mardi. Consterné, le procureur résume cette « procédure édifiante » : « on n’est pas sur un petit délit de fuite, on est sur le haut du panier. » Pourtant, l’homme n’a que 18 ans et circule sans permis de conduire. Positif au cannabis, les gendarmes retrouvent deux grammes de résine dans son véhicule. Son test d’alcoolémie révèle presque 1,5 gramme d’alcool par litre de sang soit trois fois la limite autorisée.

Désagréable avec les gendarmes qu’il tutoie lors de l’arrestation, il leur dit  : « J’ai vu ça à la télévision, C’est normal pour un jeune comme moi de faire ça. S’il m’était arrivé quelque chose, ça aurait été à vous de l’annoncer à ma mère, » avant d’ajouter, « ce n’était qu’un petit refus d’obtempérer. Ce n’est pas si grave. Si la herse n’avait pas fonctionné, vous ne m’auriez jamais rattrapé. »

Retour à Seysses

Au tribunal, il ne fanfaronne plus. Frêle et amorphe, il a l’allure d’un gamin. S’il a fui devant le contrôle de gendarme, c’est parce qu’il « avait peur d’aller en prison, peur de se faire choper » selon lui. L’avocat des six gendarmes, dont cinq d’entre eux sont présents au tribunal, déclare lors de sa plaidoirie que « les seuls qui ont eu peur ce matin-là, ce sont les gendarmes » face à sa détermination. Le jeune homme regrette, il leur demande mollement pardon. Mais devant la gravité des faits, le juge n’hésite pas. Dix-huit mois de prison dont douze mois avec sursis sans aménagement de peine. Il retourne donc à Seysses. Mais cette fois, il n’est pas au volant.

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