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A Pibrac, près de Toulouse, un homme ivre dérange le voisinage et menace les gendarmes  

Un homme ivre de 60 ans était poursuivi hier pour du tapage et une succession d’insultes et de menaces envers sa voisine, des gendarmes et du personnel d’hôpital, à Pibrac, dans la banlieue ouest de Toulouse. Malade, il n’est condamné qu’à du sursis.

Ce vendredi 28 juillet, vers 20 heures, les gendarmes sont appelés pour un banal tapage rue Albert Camus à Pibrac. De la musique s’échappe d’enceintes très puissantes et dérange le voisinage. A leur arrivée, un homme ivre avec du vomi sur son visage les accueille. Il promet d’arrêter le vacarme. Les voyant repartir, il recommence cinq minutes plus tard. Restés proches du lieu, les gendarmes reviennent et reçoivent une pluie d’insultes et de menaces. La voisine qui les a prévenus en prend aussi pour son grade. L’accusé est emmené à la brigade. Mais les outrages et les menaces se poursuivent sur le trajet et à la gendarmerie. A l’adjudant-chef présent à l’audience, première cible des invectives, il vocifère : « je vais te fumer fils de pute. Je vais t’égorger, je vais te retrouver et te faire la peau. » En raison de son ivresse et de son agitation, il a besoin de soins. Il est emmené à l’hôpital où il insulte, là aussi, le personnel médical. Il est finalement mis en examen pour menaces de mort.

Une voisine désespérée

Lors de son audition par les gendarmes, la voisine en pleurs se confie : « Ca fait cinq ans que je subis. Il crie tout seul dans son jardin. Il tient des propos incohérents. Il fait du piano à pas d’heure. Il allume des buches dans son jardin et je prie pour que ça n’atteigne pas la maison. Je suis obligée de m’enfermer chez moi. » D’une voix grelottante à la barre, elle n’en peut plus : « J’ai besoin de repos et de calme, ce que je n’ai jamais. Même la nuit, il crie dans sa chambre qui est mitoyenne à la mienne. Je veux juste retrouver la paix. »

Auparavant, les deux maisons n’en étaient qu’une seule et elle a été séparée en deux. Les murs entre les deux logements y sont fins. Pour le procureur, « les voisins ont besoin de calme, au moins pour un moment. Et je ne vois qu’une solution, c’est Seysses. » Il demande huit mois de prison dont quatre avec sursis. Mais son avocat lui rétorque que « la prison n’est pas faite pour sevrer les gens. »

Un problème avec l’alcool

A l’audience, l’homme de 60 ans a les traits fins. Il répond poliment au juge et s’excuse auprès des victimes présentes au tribunal. Admettant son alcoolisme, il explique qu’il ne se souvient plus de rien. Il tente de se soigner depuis des années en utilisant du Tramadol mais il estime, comme son avocat, qu’il a besoin d’une cure de désintoxication.

Suite à une grosse dépression, cet homme a été licencié pour inaptitude le 31 mars dernier. Depuis lors, les visites des gendarmes sont devenues récurrentes. Entre début juin et son arrestation, ils se sont déplacés plus d’une dizaine de fois à son domicile pour toujours la même raison, du vacarme accentué par une consommation d’alcool excessive. Vendredi, c’est la fois de trop. « Quand il a bu, c’est mister Hyde » explique son avocat.

Un homme à jeun altruiste

Dans la salle d’audience, des amies sont là pour le soutenir. Jusqu’à son licenciement, cet homme en perdition travaillait depuis treize ans en tant qu’ambulancier urgentiste. Lors des récentes manifestations contre la réforme des retraites, il faisait partie des « street medics », ces bénévoles qui donnent les premiers soins aux manifestants mal-en-point. Musicien, il a travaillé pendant vingt ans dans le secteur artistique. Sa seule condamnation date de l’année dernière et est liée à sa maladie : une conduite en état d’ivresse et un refus d’obtempérer. Finalement, le prévenu s’en sort avec huit mois de prison avec sursis et une obligation de soins. Il doit en tout 1700 euros aux différentes parties civiles présentes. Les enceintes, objets du tapage lui sont confisquées.

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