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Lagardelle-sur-Lèze : un homme à « l’alcool festif » tabasse sa conjointe et ses deux beaux-enfants de dix et trois ans

Femme victime de violence physique. Image de KamranAydinov sur Freepik (Illustration)

A Lagardelle-sur-Lèze au sud de Toulouse, un homme complètement ivre a passé la nuit du 25 au 26 juin à frapper sa conjointe. Il s’en est même pris à ses deux enfants de 10 et 3 ans. Il est condamné à deux ans et demi de prison ferme.

C’est le voisin qui donne l’alerte aux gendarmes à six heures du matin ce 26 juin à Lagardelle-sur-Lèze. Cela fait « cinq ou six heures » qu’il entend des cris et du tapage provenant de l’appartement voisin. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive. »

Lorsqu’ils arrivent, un homme à la carrure de rugbyman est complètement ivre. Sa conjointe a des ecchymoses à plusieurs endroits sur le corps et le visage. Le médecin légiste lui accorde quatre jours d’ITT. Il y a également deux enfants, une fille de dix ans et un garçon de trois ans qui semblent terrorisés.

« Il m’a étranglée jusqu’à ce que je devienne toute rouge. »

Le voisin continue : « Vers cinq heures, j’ai entendu les cris d’une fille qui m’ont pris aux tripes. » Les enfants sont témoins de l’agression de leur mère et vont aussi subir des violences. L’homme de 46 ans est très imposant. Selon la mère, il a mis « une grosse baffe » à son petit garçon. La fille de dix ans témoigne aux gendarmes : « Il a donné des coups de poing dans le visage de ma mère. Il m’a giflée. Il m’a plaquée au sol, frappée, étranglée, jusqu’à ce que je devienne toute rouge. Il a dit que si je continuais à crier, il allait me tuer. » La fille bénéficie aussi de deux jours d’ITT.

L’homme s’en prend également au mobilier. Dans sa fureur, il donne vingt coups de couteaux dans le matelas, pour finalement le planter dans le mur. Il dépèce aussi des vêtements appartenant à sa compagne.

Une dépendance affective

Présente au tribunal, la femme réaffirme les faits de violence de son conjoint, que ce soit sur elle ou ses enfants. Elle ne les minimise pas. Mais d’une voix grelottante, elle lui trouve des circonstances atténuantes liées à l’alcool : « Ce soir-là, il a bu de la vodka, de la bière. Ce n’est pas la première fois qu’il est violent à cause de l’alcool mais ça n’a jamais été aussi grave. Ce qui s’est passé, ce n’est pas normal, il a peut-être besoin d’aide pour se soigner. Oui il m’a frappée mais c’est le Jamel alcoolisé, pas le Jamel que j’aime. il n’est pas comme ça quand il ne boit pas. »

Le procureur parle de dépendance affective. La femme ne demande aucune compensation financière car elle ne veut pas l’enfoncer davantage. Et malgré la violence contre elle et ses enfants, elle le défend : « Je suis terrorisée mais je ne suis pas une femme battue. Malgré tous les faits, c’est quelqu’un de gentil, de protecteur, de réconfortant avec moi et les enfants. Il m’a prise comme je suis, il m’a fait me sentir mieux. Il m’a redonné confiance. »

5 ans de prison prévus par le code pénal

Lors de sa garde à vue, l’homme minimise les faits : « J’ai un alcool festif. On boit, on rigole, on se chamaille un peu et on se fait des câlins. Ce soir-là, je lui ai tiré les cheveux. Je l’ai poussée au sol et contre le mur. » Rien de plus. Néanmoins, « il ne contredit pas non plus sa compagne lorsqu’elle réaffirme les faits de violence » note son avocat.

Le juge n’est pas dupe. Il constate : « ce qu’on entend aujourd’hui, c’est quelque chose de régulier au tribunal. Je rappelle que tous les trois jours une femme est tuée par son conjoint. Où sont les associations féministes pour accompagner cette dame ? »

Le code pénal prévoit une peine de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende pour des violences commises sur un mineur par un parent ou une personne qui a autorité. Finalement, l’homme est maintenu en détention. Il est condamné à trois ans de prison dont six mois avec sursis. Il a interdiction d’entrer en contact avec la femme et les enfants et d’aller à leur domicile. Par ailleurs, il a obligation de soigner son addiction à l’alcool.

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