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Mécontents des plaintes d’un voisin à cause du bruit, deux hommes éméchés tentent de rentrer chez lui

Entrée de la résidence rue de Constantine près de la cité de l’espace. (Google StreetView)

A Toulouse, dans la nuit du mardi à mercredi, deux hommes alcoolisés ont tenté de pénétrer par tous les moyens chez leur voisin qui se plaignait de leur bruit. Proférant des insultes racistes et armés d’un sabre, ils sont interpellés in extremis par la police.

Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, rue de Constantine à Toulouse, deux copains moldaves ont abusé de la vodka pour célébrer leurs retrouvailles. Ils ne se sont pas vus depuis des années. Le premier travaille en France en région parisienne alors que le second vit en Moldavie mais est ici en vacances. Un peu trop enjoués, ils font beaucoup de bruits et gênent le voisinage.

Un voisin qui vit avec sa famille dans un autre bâtiment de la même résidence se plaint du bruit auprès d’eux depuis son balcon. Sa femme témoigne : « on était chez nous, il y avait beaucoup de bruit dans le bâtiment voisin. » La contestation ne plait pas aux deux copains d’enfance qui l’invectivent depuis le jardin de la résidence. « Descends, si t’es un homme. » leur lancent-ils. Mais le voisin ne peut pas sortir de chez lui, il porte un bracelet électronique. Disposant d’une dérogation pour se présenter à l’audience, il explique : « dus à des problèmes personnels, je ne peux pas quitter mon logement, ce qui n’est pas plus mal, car la situation aurait pu être catastrophique. »

Racisme ordinaire

Selon leurs propres aveux, les deux prévenus ont bu « beaucoup de vodka. » Totalement désinhibés, les insultes racistes fusent envers le voisin : « Sale arabe, je vais te tuer. Tu n’as rien à faire ici. On va t’enculer toi, ta mère et ta sœur. Tu vas voir comment on traite les arabes dans notre pays. » A l’audience, la victime rigole jaune : « je ne suis même pas arabe. » Les deux copains n’en restent pas là. Ils trouvent une échelle dans le jardin de la résidence, et l’un des deux monte sur le balcon de la famille qui a le temps de se barricader à l’intérieur. Il essaye de rentrer mais finit par redescendre.

Tout ce grabuge réveille les voisins. Et les deux compères profitent d’une habitante de l’immeuble descendue se plaindre du bruit, pour rentrer dans le bâtiment. Armé d’un sabre, ils commencent à déambuler dans les couloirs à la recherche de l’appartement de l’empêcheur de tourner en rond.

Les policiers arrivent enfin

C’est à 2h40 que les policiers interviennent dans la résidence. Dirigés par le bruit du sabre qui tombe sur le sol, ils surprennent finalement les deux hommes dans un couloir devant l’appartement de la victime. Totalement saouls, ils sont amenés au commissariat pour être interrogés. Derrière la porte, la famille est traumatisée mais soulagée. « Qu’est-ce qui se serait passé si les policiers étaient arrivés plus tard ? » interroge leur avocat. Prévenus dès 1h27 par la victime, les policiers ont mis plus d’une heure à se déplacer pendant laquelle ils sont contactés sept fois par la famille.

A genoux, il demande pardon

Le premier moldave vit en Essonne avec sa femme et ses deux enfants de sept et quatre ans. En CDI avec un salaire de 3500 euros par mois, son français est impeccable. Le second est en vacances en France, invité par son ami d’enfance à découvrir le pays. Il dit que s’il « était libéré aujourd’hui, il retournerait dans son pays. » où il a deux enfants à charge. Pourtant lors de l’audition par la police, il a affirmé vouloir s’installer en France pour travailler. Assisté d’une interprète au tribunal, il demande pardon en roumain aux victimes, en se mettant à genoux dans le box des accusés, les mains jointes. En faisant référence aux insultes proférées, le procureur analyse : « je ne suis pas sûr qu’il soit capable de faire une phrase sujet, verbe, complément. Il ne manie pas la langue française. »

Ils sont chacun condamnés à six mois de prison avec sursis avec une interdiction de s’approcher des victimes et de se trouver en Haute-Garonne. Pour le préjudice subi et les frais d’avocat, ils doivent 2500 euros à la victime au total.

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