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Pechbonnieu : un couple et leur chien attaquent un chauffeur de bus à cause d’un klaxon

Pechbonnieu : panneau d’entrée en français et en occitan. Par Thomas Metz

Un chauffeur de bus a eu dix jours d’ITT après s’être fait agressé par un couple et leur chien à Pechbonnieu le 28 juillet dernier, au nord de Toulouse. La situation s’est envenimée après qu’il les ait klaxonnés car leur voiture l’empêchait de passer.

Comment un simple coup de klaxon a pu entrainer si vite ce déchainement de violence ? A Pechbonnieu, le 28 juillet avant 14 heures, la portière d’une voiture mal garée empêche Jean (prénom modifié) de passer avec son bus rempli de passagers. Il klaxonne alors pour manifester sa présence. La femme au volant du véhicule a 26 ans. Elle ferme la portière mais lui adresse un doigt d’honneur à travers la fenêtre, et une fois que le bus arrive à sa hauteur, elle lui crache au visage. « J’ai été irrespectueuse, c’est allé beaucoup trop loin pour rien » admet-elle à l’audience.

Très remonté, le chauffeur sort du bus pour s’expliquer avec elle, mais il se fait attaquer par son copain âgé de 25 ans, qui était sur le siège passager. « Quand le chauffeur est descendu de son bus, j’ai paniqué. Je ne me suis pas maitrisé quand je l’ai vu s’approcher d’elle » explique-t-il au tribunal. Le premier coup porté par le jeune homme est cruel. Jean s’écroule sur la chaussée. Puis c’est au tour de la chienne du jeune homme, excitée par le remue-ménage, qui le mort à plusieurs endroits. A terre, un déluge de coups continue de s’abattre sur son corps et sa tête. Finalement, devant l’attroupement des témoins présents dans la rue, le couple quitte la scène à bord du véhicule.

Deux personnes insérées

Prise de remords, la femme contacte les gendarmes dès 16h25. Elle a un petit casier judiciaire lié à des délits routiers. Elle est toujours sur le coup d’une récidive depuis une dernière condamnation d’août 2021 en région parisienne. La voiture utilisée est la sienne, et étant donné le nombre de témoins, elle préfère se dénoncer avant que les gendarmes ne l’arrête. Elle en profite pour dénoncer son copain, seul responsable des coups portés. A l’audience, il indique avoir bu ce jour-là alors qu’il n’en a pas l’habitude. Selon lui, cela explique en partie sa réaction excessive.

Au tribunal, le juge détaille le parcours professionnel des deux prévenus. La femme vient de quitter son travail de responsable de vente dans une boulangerie pour suivre une formation de chargé de clientèle en septembre. Lui travaille dans une épicerie depuis des années et a pour principale passion d’entrainer sa chienne pour faire du « ring », un sport canin, composé de sauts, d’obéissance et de mordant, qui requiert un dressage exigeant.

Huit mois de consolidation de l’os

Emmené à l’hôpital, le chauffeur de bus bénéficie de dix jours d’ITT. Il souffre de plusieurs hématomes et contusions sur le corps et sur la tête. Son nez est fracturé, et l’os au niveau de son œil a été enfoncé selon son avocate. « Cela va nécessiter au moins huit mois de consolidation. Ce ne sont pas de petits coups. » plaide-t-elle. Jean s’est également fait mordre à plusieurs endroits par la chienne. Il a notamment une morsure au niveau des fesses, plus importante que les autres. Pour son avocate, le jeune homme est le premier responsable des morsures : « Si la chienne est si bien dressée, comme le prétend monsieur (en se tournant vers le prévenu qui hoche la tête de haut en bas), et je vois qu’il acquiesce, c’est qu’elle obéit aux ordres. Donc si elle a attaquée, c’est parce qu’on le lui a demandé. » Le jeune homme est gêné aux entournures. La démonstration est implacable.

Un verdict clément

Alors que le procureur réclamait quatorze mois de prison dont deux mois de sursis pour chacun des prévenus, ainsi que la confiscation du chien, le juge condamne l’homme à dix mois de prison sous bracelet électronique. Son chien lui est restitué. La femme est condamnée à six mois de prison. Le tribunal laisse au juge d’application des peines le soin de décider des modalités de sa peine : sous bracelet électronique ou sous contrôle judiciaire. Le juge motive sa décision en indiquant que la détention les éloignerait du monde professionnel.

Le juge ordonne une provision de paiement de 1500 euros, répartie aux deux tiers pour l’homme et au tiers par la femme, pour payer les futurs frais médicaux de la victime. Ils doivent aussi l’indemniser de 400 euros en raison du préjudice moral, et de 400 euros chacun pour ses frais d’avocat. Enfin, en ce qui concerne le préjudice physique de la victime, un renvoi sur intérêts civils est décidé. Ce renvoi à une date ultérieure permet de déterminer plus précisément le préjudice réel en fonction des éventuelles futures séquelles de la victime.

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