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Issus : quatre jeunes tendent un guet-apens à un dealer pour partir en vacances

Place de la mairie à Issus où s’est déroulé le guet-apens. Google StreetView.

Dans la nuit du 8 au 9 aout, quatre jeunes tendent un guet-apens à un vendeur de drogue sur la place du village d’Issus, au sud de Toulouse. Ils voulaient un peu d’argent pour partir en vacances. Mais ça ne va pas se passer comme prévu.

Quatre jeunes n’ont rien trouvé de mieux que de braquer un dealer de drogue pour avoir de quoi partir en vacances cet été. Quelques jours avant, l’un d’entre eux lui a acheté dix grammes de cannabis. Lors de la transaction, il remarque qu’il transporte plusieurs centaines d’euros dans sa sacoche. Lui n’a pas d’argent et vient d’avoir dix-huit ans le mois dernier. Il observe avec convoitise les vacances des jeunes de son âge sur les réseaux sociaux, mais reste coincé malgré lui dans la campagne lauragaise. Il a alors l’idée lumineuse de lui tendre un guet-apens.

« On vous tire dessus ? »

Il propose à son frère ainsi qu’à deux amis, dont un mineur, de faire le coup. Armé d’au moins un pistolet d’alarme et de deux bombes lacrymogènes, le rendez-vous est pris après 23 heures sur la place du village d’Issus à 30 kilomètres au sud de Toulouse. « En fin de journée, sa sacoche est certainement pleine » pensent-ils. Mais dans sa voiture, le dealer est accompagné d’une jeune femme. Qu’à cela ne tienne, ils les menacent avec leurs armes, les gazent, et les mettent à genoux. Puis, ils cassent leurs téléphones. En fouillant la voiture, ils trouvent la fameuse sacoche remplie de billets et les menacent : « t’as dit que t’avais pas de sous. Qu’est-ce qu’on fait de vous ? On vous tire dessus ? » Ils repartent finalement à pied avec leur butin. La femme est en pleurs, choquée. Elle bénéficie d’un jour d’ITT.

Mais le dealer n’en reste pas là. Il retrouve ses clés de voiture et les poursuit pour tenter de les écraser. Le groupe prend peur et se réfugie en pleine nuit noire dans les champs autour du village. Les gendarmes, prévenus par des voisins peu habitués à ce remue-ménage, vont les retrouver grâce au chien renifleur. Ils retrouveront aussi des claquettes, une boite contenant quelques stupéfiants, la sacoche et une arme de poing.

1 an de prison ferme sous bracelet électronique

A l’audience, parmi les trois majeurs, deux comparaissent libre car ils n’ont pas de casier judiciaire. Les quatre « pieds nickelés » sont déstabilisés par les questions des juges et du procureur : leurs différentes versions se contredisent et viennent corroborer celles des victimes. Apathiques et peu concernés, ils ne semblent pas prendre conscience de la gravité des faits qui leurs sont reprochés. Ils ont juste envie que ça se termine. Ce comportement agace davantage les juges qui se font de plus en plus incisifs.

Finalement, ils sont tous les trois condamnés à deux ans de prison sous bracelet électronique dont un an de sursis et doivent rembourser les dégâts causés et indemniser la jeune femme de 1500 euros pour préjudice moral et de 600 euros pour les frais d’avocat. Le vendeur de drogue absent à l’audience ne s’est pas constitué partie civile et n’obtient rien. Le mineur du groupe sera jugé par le tribunal pour enfants.

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