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Toulouse : il prostitue sa petite copine pendant six mois et la frappe quand elle veut arrêter

Image de marymarkevich sur Freepik (Illustration).

Pendant six mois à Toulouse un homme prostitue sa petite amie. Quand elle décide d’arrêter cette activité très rémunératrice, il la frappe. Mais s’il admet l’avoir accompagnée à ses rendez-vous, il nie être un proxénète.

En juillet 2021, Jeanne* demande à une fille escorte comment gagner beaucoup d’argent. Cette dernière lui explique alors les rudiments du métier. David* est présent ce jour-là, c’est le petit copain de l’escorte. Il va aider Jeanne à lui créer un compte sur un site internet dédié. Pour la première passe de la victime, ils iront tous ensemble pour l’accompagner. Mais au bout d’une semaine, l’entremetteuse disparaît de la circulation, et David et Jeanne vont se mettre ensemble. Elle emménage même chez lui. Il devient alors son petit copain et son proxénète.

Le travail de David consiste à organiser les rendez-vous et à l’accompagner. Il lui achète aussi un téléphone « business ». Chaque mois, ces rendez-vous leur rapportent 16000 euros en moyenne. David prend entre 60% et 70% du montant. Durant cette période, les mouvements bancaires sont très importants sur son compte en banque. A l’audience, le juge en fait le détail : 3690 euros de dépôt en espèce, 8500 euros virés par son père, 10000 euros sur son livret A. Mais, en janvier 2022, après six mois de travail, elle veut tout arrêter. Il ne semble pas prêt à l’accepter.

Coups, crachats et humiliation

Le 14 mars 2022, il vient lui réclamer de l’argent. Il lui donne des coups de poing au visage, dans le ventre, il lui crache dessus. La sœur de Jeanne la retrouve avec un œil au beurre noir. Le certificat médical du médecin suspecte une fracture et demande une radiographie. Elle porte plainte le 18 mars en disant être sous l’emprise de son compagnon. Elle retire sa plainte en août en affirmant avoir exagéré les coups reçus. En mai dernier, alors qu’elle travaille en tant que serveuse dans un bar, il la frappe et lui crache à nouveau dessus.

David a déjà un casier judiciaire. Il a été condamné en mars 2021 pour un vol avec violence aggravé pour lequel il a eu un an de prison avec sursis. En juin 2023, il est condamné pour violence en réunion sans ITT.

« J’étais contre qu’elle se prostitue. »

Au tribunal, David admet l’avoir accompagnée à ses rendez-vous mais « il le faisait parce qu’elle le lui demandait ». « Je ne pensais pas que l’accompagner à ses rendez-vous pouvait être considéré comme du proxénétisme. » dit-il à l’audience. Et il affirme que ce n’est pas lui qui a créé le compte sur le site internet mais bien Jeanne. Concernant l’argent, il explique : « j’ai profité de ce qu’elle faisait, elle m’a payé beaucoup de choses comme l’essence et des vacances. Mais elle ne me donnait pas d’argent. »

Quand elle veut arrêter en janvier, il est rassuré car il était « contre qu’elle se prostitue. » Mais en mars 2022, il voit sur son téléphone qu’elle continue son activité. « Elle m’a dit qu’elle allait arrêter parce que ça ne lui plaisait pas. Mais j’ai vu des discussions avec des clients sur son téléphone. Alors, j’ai dégoupillé et je l’ai frappée. » Et quand il la frappe à nouveau en mai 2023 c’est parce qu’il a appris qu’elle le trompait avec un ami à lui. Il a alors dit à tout leur entourage qu’elle se prostituait. « Elle l’a très mal vécu parce qu’elle voulait que ça reste secret. »

Une enquête à charge ?

Son avocate, Me Julie Duroch dénonce une enquête à charge. Les parents de David n’ont pas été entendus par la police. Pourtant selon elle, ils peuvent justifier l’argent versé à leur fils par la vente d’une maison. Concernant l’entremetteuse, si elle est interrogée par la police, elle n’est pas inquiétée par le tribunal. Lors de la perquisition chez David, « on ne retrouve pas de petit calepin avec les revenus de la prostitution, comme c’est d’usage chez les proxénètes » explique son avocate.

Alors que le procureur réclame deux ans de prison ferme, le tribunal décide de le condamner à dix-huit mois de prison dont neuf mois de prison avec sursis.

*Prénoms modifiés

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