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A Toulouse ce week-end, trois jeunes se font frapper et dépouiller lors d’une soirée sur les quais

Quais de Garonne à Toulouse (Google StreetView – Illustration)

Dans la nuit vendredi à samedi, un groupe de cinq hommes, armés d’une bombe lacrymogène et de bouteilles en verre, ont frappé puis dépouillé trois jeunes le long des quais. Ils ont été interpellés grâce aux caméras de la ville. Les trois majeurs du groupe ont été jugés hier.

Peu après une heure du matin ce samedi, trois jeunes hommes qui passent la soirée sur les quais de Garonne, assis dans l’herbe, ont été attaqué par surprise par un groupe de cinq jeunes éméchés. Ils leur ont d’abord donné des coups de pied dans le dos, avant de les frapper avec des bouteilles en verre. L’un des agresseurs a même utilisé une bombe lacrymogène.

Ils leur ont volé une trottinette, un téléphone, des chaussures, une montre et une enceinte audio. Parmi les trois victimes – non présentes à l’audience – deux d’entre eux ont quelques jours d’ITT, dont l’un a une plaie à la tête de trois centimètres qui nécessite quatre points de sutures.

Trois majeurs et deux « mijeurs »

Les victimes vont alors se plaindre aux premiers policiers municipaux qu’ils croisent. La police, aidée par les caméras de la ville, ne tarde pas à retrouver les cinq agresseurs au cours de la nuit. Le procureur décrit un groupe qui agit en toute impunité, sans gêne : « ça se passe devant un nombre considérable de personnes. Mais on s’en fiche, on le fait quand même. » Ils étaient cinq mais seulement trois d’entre eux étaient jugés hier au palais de justice de Toulouse. Les deux autres sont mineurs et seront jugés plus tard par le tribunal pour enfants. Le procureur préfère les appeler des « mijeurs, c’est-à-dire des personnes qui se disent mineurs mais qui ont l’apparence de majeurs. » Le juge reconnait dans l’audience, parmi une dizaine de jeunes venus soutenir les trois prévenus, un des « mijeurs » qu’elle a vue dans les pièces à conviction du dossier.

Des justifications cousues de fil blanc

A la police et au tribunal, les prévenus s’emmêlent les pinceaux. Pour justifier son acte, le premier des accusés parle tantôt d’une histoire de fille avec une des victimes, tantôt d’une histoire d’agression qui date de deux mois à cause de laquelle il a du être opérée de la mâchoire. Alors que les vidéos à la disposition des juges le montrent frapper plusieurs fois une victime, le deuxième accusé nie avoir donné des coups et utilisé la bombe lacrymogène, et affirme qu’il a trouvé cette bombe sur une des victimes. Le dernier accusé affirme à l’audience qu’il n’est pas ami avec les autres accusés, mais lors de son audition avec la police, il a dit que ses amis détenaient déjà la bombe lacrymogène avant de les agresser.

Ce sont beaucoup d’incohérences dans leurs propos qui ne trompent pas le tribunal. Bien que n’ayant aucun casier judiciaire, les trois prévenus sont condamnés à douze mois de prison dont six mois de prison avec sursis. Un seul des trois prévenus qui semble être légèrement moins impliqué dans les violences que les autres a la possibilité de faire aménager sa peine par le juge d’application des peines. Les deux autres sont maintenus en détention.

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